Existe-t-il dans la relation D/s quelque chose de plus délicieusement rétrograde que la tenue d’un cahier de punition ? Un reste d’Éducation Anglaise, un retour en classe pour dominés, une occasion de s’expliquer avant de prendre le fouet.

1. Nécessité et sévérité de la correction : Bases de l’éducation gynarchiste

Soumis et soumises n’ont en réalité aucun besoin de tenir ce genre de cahier car ils connaissent trop bien le sort qui leur sera réservé en cas de désobéissance à leur(s) Maîtresse(s) : à poil et à genoux pour demander la punition et écouter réprimandes et attentes de la Dominante. Puis dans la position apprise pour recevoir le fouet – le plus souvent cul bien relevé et jambes bien écartées en signe de soumission – et pour offrir à la Maîtresse le plaisir de pouvoir fouetter cul, queue, dos et membres comme Elle l’entend.

Ensuite : Baiser la main qui va fouetter, compter les coups et remercier la Maîtresse.

Un cérémonial classique pour une punition ordinaire, même si les possibilités de correction sont infinies et souvent bien plus humiliantes qu’une simple fessée. Mademoiselle Dolorès en a dressé une très jolie liste dans cet article (https://www.maitresse-dolores-bdsm.fr/bdsm/comment-punir-son-soumis-idees-punition-bdsm/ )

Inutile, alors, d’essayer de dresser la liste de toutes les punitions envisageables. Cette prérogative revient aux Dominantes, pas aux soumises. Inutile également de revenir sur la nécessité de punir les dominé(e)s : Leur dressage est une condition sinequa none de la relation D/s, la punition fait partie de leur vie quotidienne et aura lieu autant de fois que la Maîtresse la jugera utile ou divertissante.

Inutile, enfin, de s’étendre sur la sévérité de la correction. L’obéissance absolue à la Maîtresse ou au Maître constitue le fondement de toute relation D/s, FLR ou plus encore gynarchiste. Cette obéissance s’obtient au bout d’un long processus d’éducation durant lequel soumis et soumises vont apprendre ce qui leur en coûte de désobéir à leur Dominant.

Certains auront sans doute besoin de nombreuses corrections pour comprendre quelle est leur place, d’autres au contraire vont se montrer immédiatement dociles, mais toutes et tous seront déculotté(e)s aussi longtemps que la Maîtresse y aura goût.

La sévérité est SA prérogative inconditionnelle : Même totalement éduqué(e)s soumises et soumis continueront donc à être fessé(e)s, fouetté(e)s, puni(e)s et humilié(e)s ; aussi longtemps et aussi souvent que leur Dominant(e) le souhaitera.

Bien après que soumis et soumises aient acceptés leur place définitive dans la hiérarchie gynarchiste, la tenue d’un cahier de punition garde ainsi toute sa pertinence.

 

2. La place du cahier de punition dans la méthode éducative gynarchiste

 

Si le contrat de soumission est presque devenu incontournable dans les relations D/s, le cahier de punition n’a pas encore trouvé la même reconnaissance aux yeux des Dominatrices. Sans doute trop encombrant ou fastidieux sur le long terme, les Dominantes ignorent trop souvent les avantages que la tenue d’un tel cahier peut leur apporter dans la progression de leur soumis.

Les Dominatrices professionnelles peuvent s’amuser un temps avec ce genre d’instrument, surtout lorsqu’Elles débutent l’éducation de leur soumis(e)s mais elles l’abandonnent en général assez vite. Trop encombrant.

Les Dominatrices occasionnelles, de leur côté, privilégient les rapports SM, il y aura punition à chaque rencontre, alors pourquoi s’encombrer d’un tel cahier ?  Pour les unes comme pour les autres le cahier peut être source de distraction et d’humiliation du soumis, sa dimension ludique ne doit donc pas être minimisée.

Le cahier de punition peut être abandonné puis repris, servir un temps, être totalement oublié ou ressorti épisodiquement du placard. Il peut également être placé dans la cage ou au sous-sol afin d’occuper le dominé durant ses temps de pénitence.

Pour ces Dominatrices il constituera toujours une source de plaisir et de satisfaction et elles pourront l’employer à leur guise comme un outil supplémentaire dans l’asservissement psychologique de leurs sujets.

Bien entendu, le même esprit ludique peut inspirer l’usage d’un cahier de punition par les Dominatrices gynarchistes. Pour ces Maîtresses, néanmoins l’aspect éducatif de la relation prend souvent une place plus importante que chez leurs Consœurs.

Pour Celles qui veulent asseoir leur Domination dans le cadre d’un 24/7 ou mieux d’un esclavage, comme pour Celles qui limitent le champ de leur emprise au domicile conjugal, le cahier de punition peut-être extrêmement utile. Malheureusement, de nombreuses Maîtresses jugent qu’il s’agit d’une perte de temps, le dominé sachant très bien pourquoi et quand il sera fouetté.

Si la Dominante choisie d’utiliser le cahier, idéalement son existence sera au moins mentionnée dans le contrat de Domination, mais, il lui est fortement recommandé de le faire rédiger directement par le soumis ou la soumise.

Très chronophage et fastidieuse, la tenue correcte d’un cahier de punitions n’est pas une tâche digne d’une Dominatrice, elle convient en revanche très bien à un larbin ou une bonniche. Ce travail va en effet l’aider dans son chemin vers la docilité.  Non seulement le cahier lui servira à remonter le temps et constater ses progrès, mais il va surtout l’impliquer directement dans la définition de sa punition, donc de sa propre éducation.

Au fur et à mesure, le dominé s’apercevra qu’il ne commet plus jamais telle ou telle désobéissance, il apprendra aussi petit à petit quelle correction est la plus efficace pour lui faire prendre bien conscience que l’obéissance à la Maîtresse n’est pas négociable.

Après quelques années, les pages du cahier ont tendance à beaucoup moins se noircir, la Maîtresse peut alors contempler son œuvre et le soumis calculer le chemin qu’il lui reste à parcourir avant d’être docile.

Tout est ensuite affaire de subtilité, d’envie et de ténacité pour la Maîtresse. Une chose est certaine néanmoins : La rédaction du cahier de punition et la ritualisation qui l’accompagne vont lui offrir l’occasion d’approfondir son emprise et d’asseoir définitivement son autorité sur le dominé.

 

3. La tenue du cahier de punition : un outil de Domination comme un autre

 

Rien ne remplacera jamais, aux Yeux de la Maîtresse, un cunnilingus correctement exécuté, un ménage impeccable, ou les compliments d’une Consœur sur l’éducation de son soumis à l’issue d’une soirée SM. Au regard des événements qui ponctuent la vie quotidienne des « couples » D/s la tenue, même impeccable, d’un cahier de punition peut donc apparaître comme une faible récompense des efforts qu’Elle déploie, au jour le jour, pour soumettre le dominé.

 Tout dépend alors de la façon dont Elle va investir ce cahier et – comme toujours – de son imagination. Il n’existe aucun modèle de cahier de punition ni aucune méthode prédéterminée d’utilisation. La Maîtresse est libre d’y jeter un simple coup d’œil, de le tenir elle-même ou de se contenter de quelques feuilles sur lesquelles le soumis notera simplement ses fautes et les punitions qui en découlent.

L’essentiel c’est que le soumis tienne le cahier régulièrement à jour y note toutes ses fautes et désobéissances et détermine lui-même la punition qu’il mérite. Il participe ainsi à son processus éducatif, évalue la gravité de ses manquements et des conséquences qui en découlent et s’implique ainsi réellement dans sa recherche d’obéissance.

Avec l’espoir, pour la Maîtresse, qu’il ne réédite pas ses erreurs passées, même si c’est Elle, bien entendu, qui décidera où, quand et comment, le soumis recevra ce qu’il mérite. Dans son travail d’éducation le cahier est donc plutôt un appui qu’une contrainte, une base plus qu’un carcan.

Un réveil en retard peut valoir au soumis, ou à la soumise, 20 coups de fouet. Un ménage bâclé, une mise au coin d’une heure, suivie de 40 coups de cannes…Ou bien pire.  Avec la tenue d’un cahier de punition l’idée d’Éducation Anglaise n’est jamais bien loin, même si la menace d’une promenade en forêt à poil, en laisse et à quatre pattes est parfois bien plus dissuasive qu’une bonne raclée.

La tenue impeccable du cahier doit d’ailleurs, elle-même, devenir source de punition : Une désobéissance oubliée, une explication bancale de ses fautes, une punition largement surévaluée ou au contraire minorée et le punit sera déculotté pour avoir menti à sa Maîtresse, mal compris ses erreurs ou volontairement exagéré sa capacité à endurer les châtiments.

Le cahier devient alors un nouvel instrument de soumission.

Si la Maîtresse le désire elle pourra même accompagner sa lecture d’une séance d’explications, justifier la décision qu’elle va prendre et permettre au soumis de présenter ses excuses et expliquer comment il entend être plus respectueux à l’avenir.

 

Remerciements

 

Mademoiselle Dolorès m’a autorisée à exprimer occasionnellement sur son blog mon point de vue de soumise-mâle-docilisée, je ne pouvais donc achever ce premier travail sans la remercier très chaleureusement et publiquement pour l’immense honneur qu’Elle m’a accordée et la chance qu’Elle m’offre de pouvoir exposer mon point de vue au sein de la communauté D/s.

Les lecteurs assidus de son blog, habitués à ce mélange d’autorité et de douceur qui caractérise si bien Mademoiselle Dolorès, ne seront pas étonnés de l’accueil bienveillant qu’Elle a réservé à ma demande d’écriture.

Me cantonnant à un strict travail de soumise-blog sous son autorité – sans aucun espoir de devenir un jour l’une de ses soumises-mâle – Mademoiselle Dolorès m’a ainsi assignée la place qui sera désormais exclusivement la mienne au sein de notre communauté.

 

Auteur : soumise-mâle adrienne, auteur volontaire pour la rédaction de cet article
Sous la validation de Maîtresse Dolores
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